Un mois.

A la base, cet article devait s’appeler : « Un mois de liberté absolue ». Bon, j’ai raccourci, vu le contexte. Voici au bout d’un mois, nos journées « type » même si vous savez que je n’aime pas l’idée d’une trame fixe.

22.02.2020 – 22.03.2020.

Le tout dernier jour d’école.. Un moment mémorable.

Ça, y est, un mois pile depuis la déclaration en instruction en famille. Pas de grand chamboulement au début, puisqu’il y a toujours un déformatage quand on prend ce genre de décision. Oui, l’enfant a besoin de temps. Nous aussi d’ailleurs. Les réflexes sont un peu encore ancrés, au début, je tenais à ce que tout le monde soit habillé à 8h30, parce que.. En fait je sais même pas. Habitude de merde. Alors oui, aujourd’hui par exemple, j’ai demandé à Matéo de s’habiller quand j’ai vu qu’il cherchait quoi faire. Mais je n’interrompt plus ses activités pour ce genre d’injonctions.
Pour Thomas, comme il est encore en quête de continence, c’est plus « rigide », je ne le laisse pas mariner dans sa couche, et en général je l’invite à venir se préparer avec moi, on fait ça ensemble, il apprend ainsi à s’occuper de lui. 🙂
Mais comment organisons nous nos journées depuis ce 22 février 2020 ??

Le lendemain, nous sommes allés poster nos lettres pour l’inspection académique et la mairie,
en tenue adaptées AHAHAH ! Après, direction les aires de jeu !

Des outils pour « garder » le rythme.

Ici, pas de grande horloge classique, mais un synopte ! C’est un outil vraiment top pour les enfants, qui savent exactement où se situer dans la journée !

Trouvée sur le site de Hoptoys, elle nous a permis de garder une trame de vie « normale »
pour que cela colle avec le mode de vie occidental.

Adaptable à toutes les familles, le synopte est une horloge dont l’unique aiguille indique l’heure, et fait un tour en 24 heures au lieu des 12 de l’horloge classique. Ainsi, l’enfant peut observer d’une manière générale et sur une journée entière ce qui l’attend.
Ici, les 5 zones sont définies comme suit :
-8h – 11h30 : Zone verte, le temps du réveil, chacun à son rythme, les activités dites « calmes », et posées.
– 11h30 – 14h : Zone jaune, le temps du midi, avec la sieste qui suit, impose un respect absolu du sommeil des autres (mes deux fils font encore la sieste).
– 14h – 18h : Zone orange, le temps de la « défoule », les jeux dits dynamiques, les sorties dehors, les jeux de jardin, les visites aux amis, tout ce qui relève de la socialisation.
– 18h – 21h : Zone rouge, le temps du retour au calme, soit en regardant un film pendant la préparation du repas, soit en jouant (jeu libres, lecture, mais là aussi, un temps calme), puis suit le repas, les soins, et le rituel du coucher).
– 21h – 8h : Zone bleue, celle du sommeil, où les enfants doivent être dans un temps de repos.

Ce synopte nous permet à tous d’être sur la même longueur d’onde pour la trame de la journée. Il laisse beaucoup de temps libres aux enfants, qui du coup respectent ces zones de couleurs établies avec justice. 🙂

Une nouvelle « routine » se met en place

Les matins ne se ressemblent pas tous, mais désormais on peut dire que les enfants se réveillent plus reposés. Matéo est encore assez lève-tôt (il l’a toujours été, ses 3 premières années, il était à 6h30 pétante à notre lit pour nous lever.), il émerge en général à 7h, mais il respecte notre sommeil et arrive à jouer seul et silencieusement jusqu’à 7h45-8h. Thomas se réveille soit à 7h30, soit à 8h. Tous deux sont capables de jouer ensemble sans trop se chamailler jusqu’a 9h.. Heure à laquelle MOI, je suis bien ! (Ahah, je vous vois me juger :p)

Il ne m’est pas rare de retrouver Matéo en train de cocooner son petit frère en lui donnant son biberon,
au hasard..dans une cabane de carton ? 🙂

Les petits déjeuners sont bien plus détendus également. Ce matin, par exemple, ils n’ont pas eu besoin de moi, Matéo a pris soin de leur prendre à chacun un bol, puis il a servis son frère en céréales et en lait, a disposé les cuillères, pour que quand Thomas fut prêt et habillé, il puisse le rejoindre pour manger. Ils ont mangé dans le calme, en se racontant des choses, et les deux m’ont déposé leur bol vide sur le plan de travail. GOOD JOB. Je n’ai eu qu’à me faire mon café pépouze.
(Et en vrai, je fais quoi de mes journées ?)
Après nos déjeuners, Thomas et moi allons nous préparer, change, lavage de dents, habillage, Matéo est parfois avec nous, parfois fait tout ça juste après, c’est selon. J’insiste néanmoins pour que s’il me sollicite pour une activité, il soit prêt/habillé.

Les temps « calmes ».

En zone verte, après la préparation, c’est le fameux temps calme. Le temps qu’il me faut à moi pour m’occuper des taches de la maison (je parle comme si je vivais seule, mais entendez bien de mon conjoint est sur le même tempo que moi à ce moment là s’il n’est pas au travail)..
Je peux être sollicitée par les garçons, qui me demandent de l’aide pour une activité, ou lorsqu’ils ont un différent parce qu’ils veulent jouer avec la même chose.. mais en général ils jouent ensemble calmement.

Quand je suis à jour dans ma maison, je propose à l’un et l’autre une activité en lien avec le petit planning d’idées que Matéo et moi avons conçus et dont je vous parlais dans mon précédent article.

Là encore, rien d’obligatoire, mais Matéo adorant la rigueur et le respect,
il se plait à faire ce qu’il avait prévu de faire.

Thomas voudra plutôt faire des puzzles, des jeux de concentration visuelle, de l’encastrement, il est dans cette période sensible, c’est parfois un soucis pour moi car il aime bien tout sortir, mais a du mal à ranger derrière… Matéo est phase lecture/déchiffrage, il veut absolument lire, mais bute sur des lettres lorsqu’elles sont en minuscules. Il sait désormais lire la plupart des graphèmes en capitales d’imprimerie, mais pour les minuscules, c’est un peu plus sensible. Alors il aime que je l’aide à associer lettres capitales, minuscules d’imprimerie et les cursives, nous nous penchons là-dessus en ce moment. Cela implique qu’il puisse prendre de quoi écrite, qu’il affine son geste, qu’il prenne confiance. Je lui propose alors des exercices très plats et pas drôles, mais il apprécie mon aide, et s’essaie même d’écrire des phrases sur son tableau noir à présent !

C’est en cela que je ne nous définis pas complètement à l’extrême de l’unschooling, puisque je me propose en aide, d’une manière que j’ai apprise, pour lui transmettre mes méthodes.
Cela ne dure pas des heures. Pour Matéo, je peux rester sur une activité disons pendant une heure, Thomas lui reste rarement plus de 20 minutes concentré avec moi sur quelque chose. Et à côté de ça, ils peuvent passer des HEURES sur une activité seuls si ils sont absorbés. C’est en ça que je tiens à les laisser maîtres de leur journée.


Les seuls impératifs que nous avons choisit de garder avec mon conjoint, sont les heures de repas et de coucher. Nous mangeons pour 12h30, 16h30, et 19h30. Le coucher est impérativement posé avant 21h.

Les temps « dynamiques ».

En avant ! Sortis de la sieste, ils sont frais, et prêt à refaire le monde ! Ils savent que les aprem’ sont destinés à leur défoulement, et ils débordent d’énergie ! C’est là (hors coronavirus et confinement) qu’on sort en ville, qu’on va chez des amis, qu’on voit notre famille, qu’on part à l’aventure en forêt, champs, vergers, et compagnie ! Nous pouvons lors de mauvais temps sortir les jeux de société ! C’est là que nous « socialisons » avec le monde extérieur, et que nous apprécions vraiment tout ce temps qui nous est mis à dispo ! Evidemment encore, depuis le confinement, cela se joue surtout à jouer au jardin, avec moi, ou leur père, ou à frauder et papoter avec la petite voisine à travers nos clôtures.. Hem.
Ce temps dynamique servira aussi plus tard à pratiquer une activité dirigée. Sport, arts, ou autres, à la « rentrée » prochaine Matéo aura la possibilité de s’inscrire pour tester ce qu’il souhaite. 🙂 Il nous parle de judo, parfois de tir-à-l’arc, ou encore de hiphop, je vais donc me pencher sur la questions le moment voulu. Pour Thomas, qui n’a que 2 ans et demis, j’aurais aimé trouver une activité de football lui qui adooooore ça, alors à voir !

La période d’adaptation.

De votre lecture de cet article, vous pouvez penser que tout est déjà bien stable et fixé finalement. Que nenni ! Nous sommes encore en phase d’adaptation.
Il est dit que pour chaque année scolarisée un enfant a besoin d’un mois de déformatage pour apprendre à s’occuper par lui même sans attendre de l’adulte une aide. C’est clairement toujours mon ressenti. La théorie veut donc qu’il nous reste encore à faire avant que chacun retrouve sa place au sein du foyer.
Par ailleurs, mon activité professionnelle (je suis pour le moment photographe exerçant à mon domicile) n’a pas encore pris fin. Je devais finir fin mars, mais le confinement repousse mes dernières séances, je ne sais donc exactement quand je pourrais officiellement dire que je suis « mère au foyer – en instruction famille ». Aussi, j’ai encore besoin de beaucoup de temps pour la gestion de ma paperasse, mes retouches, mes contacts clientèle, etc. Un temps qui n’est pas accordé comme il se devrait à mes fils.
Gérer les deux n’est pour moi pas envisageable. Je l’ai expérimenté ce mois-ci avec difficulté. Il m’est impossible de recevoir sereinement mes client(e)s avec mes enfants qui jouent à côté, qui parfois se chamaillent, pleurent. Il m’est également impossible d’être complètement immergée dans mon post-traitement s’ils sont près de moi, puisque je suis sollicitée en permanence. Cela signifierai travailler uniquement pendant leur temps de repos (sieste, nuit) et ça pour mon bien-être personnel je ne l’envisage pas sur le long terme.

Et des objectifs.

Après le confinement, après la fin de mon activité, après toute cette période d’adaptation, j’ai de multiples envies. Pour moi, pour les garçons, pour nous ensemble..

Je rêve de les initier au tissage, à la couture, à la botanique, je rêve de m’y remettre moi-même et travailler ma créativité avec un autre médium que la photographie..

Je souhaite aller au moins une fois par mois à la ludothèque, médiathèque, bibliothèque, au musée, sur une expo temporaire..

Je veux faire mon tour de France pour leur montrer les richesses de notre beau pays. Aller à la rencontre d’autres familles unschoolers et échanger sur nos expériences..

J’envisage l’avenir.
Un mois que nous y sommes. Je suis confiante. Et le COVID19 ne nous enlèvera rien. Il nous a certes ralenti, mais nous irons loin.

En attendant, nous sommes bien en confinement.

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